Lettre à adresser à :

 

Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA)

21, rue Leblanc

75015 PARIS

 

ou par fax : 01 53 83 92 37

 

ou par courriel : infos@ania.net

 

 

 

La protéine qui ronge le ventre

 

Chers amis de l’ANIA,

Quotidiennement, nous achetons et consommons vos produits, et pourtant, nous courons un grave danger. Il ne vous est pas connu, ou imparfaitement, comme d’ailleurs les éventuels méfaits du maïs OGM qui vous inquiète tant.

Le maïs génétiquement modifié vous cause du souci et vous souhaitez le proscrire de vos préparations. Vous évitez d’utiliser le maïs génétiquement modifié qui serait si économique à prendre parce que le public des consommateurs ne vous suit pas dans cette voie. Et vous savez que c’est le consommateur qui vous fait vivre.

Lorsqu’on attire votre attention sur une protéine omniprésente qui ronge les intestins, détruit les capteurs qui prélèvent les vitamines et les sels minéraux, vous négligez cette intervention polie. Vous ne vous souciez nullement des difficultés qu’éprouvent les consommateurs dans ce cas qui doivent déceler, entre une longue litanie de dix lignes en caractères minuscules, ce mot qui les obligera à reposer votre marchandise dans les linéaires. Dix fois, vingt fois, cinquante fois de suite pour faire les courses quotidiennes. Là ne s’arrêtent pas nos déboires: l’ingrédient qui menace notre santé est quelquefois défini par un terme obscur qui n’alerte pas assez le simple consommateur peu averti et distrait par l’ambiance des supermarchés. Nous achetons alors en toute confiance un produit qui nous est médicalement strictement interdit.

Mais nous sommes quantité négligeable, paraît-il. Nous sommes défendus par une association, paraît-il. Une association qui ne reconnaît qu’une infime fraction d’entre nous. Nous faisons partie du monde de la coeliaquie, certes, mais aussi des fibromyalgiques, des autistes, des spasmophilies, de ceux atteints de synovite, d’hyperostose, d’ostéite, du syndrome de la fatigue chronique, de celui d’Asperger, de Sapho ou de Crohn, des victimes de lambliase, de monosomie, de sprue, de dermatite herpétiforme, de maladies rhumatismales comme le lupus érythémateux et bien d’autres. Nous sommes bien plus que vous ne pensez et représentons une force de consommation très importante dans ce pays.

Ne vous méprenez pas: nous n’avons pas l’intention d’interférer dans vos choix ou vos techniques: incluez du blé, car c’est de cette protéine qu’il s’agit, dans n’importe laquelle de vos préparations.

Mais de grâce: indiquez-le en gros caractères; un cartouche «traces de gluten» ou à contrario «sans gluten» serait la seule preuve de considération et de respect que vous pourriez nous apporter, à nous consommateurs dont les yeux et la patience sont mis à rude épreuve.

Répondre aux besoins de consommateurs de plus en plus nombreux du fait de l’explosion de l’intolérance au gluten en Europe, anticiper une nécessaire évolution du packaging et du marketing en fonction de demandes qui présagent l’évolution du marché, devraient permettre aux industriels de gagner à temps une réelle bataille de la sécurité alimentaire. Se positionner comme défenseur d’une traçabilité irréprochable et d’une communication client résolument transparente est une priorité stratégique aux bénéfices médiatiques évidents. Dans ce combat qui s’engage, nous serons heureux de vous apporter tout notre soutien. Comprenez-nous et nous vous comprendrons.